Passer un bout de son après-midi à faire le sabot sur le net c’est moche, il y a tellement de choses incroyablement plus intelligentes à faire. Mais si le temps s’y prête, il y a rien de mieux, rien de plus incroyable pour découvrir le meilleur des deux mondes, s’instruire avec plaisir, soigner ses pavillons, entendre, écouter, faire le geek, se faire envie, se rappeler que le docteur Who n’est jamais très loin, que l’on a peut-être gagné à la loterie, que tout est simple mais incertain.
Kunz, l’intemporel
« A l’heure actuelle, regarder la télévision c’est comme mettre la tête dans dans un jacuzzi qui aurait servi au tournage d’un film pour adulte : un bouillon tiède de culture trouble, moite et médiocre rempli de jeunes têtards à l’avenir incertain et de vieilles bactéries qui s’incrustent »
Jérôme Kunz, bibliothèque municipale, Les Breuleux, janvier 2012
wall watch
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Tradition
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« Ma console à moaaa c’est toaaaa »
Une journée à table
Charentaises
Deux petites buchettes crépitaient dans l’âtre sans grande vaillance ; il y avait presque autant de passion dans cette cheminée encastrée que dans la libido de Mauricette : les flammes qui s’y déployaient sans vigueur éclairaient un peu l’endroit à défaut de le réchauffer ou de l’illuminer.
Cinq degrés dehors avec du brouillard, cinq degrés dedans avec du brouillard aussi. On mangerait ce soir des nouillettes au beurre avec une petite viande bon marché, on écouterait la radio pendant les mâchonnements, on mastiquerait au son de la voix de banalités effroyables posées avec gravité entre deux gloussements de courge publicitaire puis une fois l’ingurgitation molle de ce yaourt aux fruits on irait se mettre dans le canapé coincé entre deux petits guéridons pour entamer une soirée au coin de la télévision, on se tairait car même les commentaires seraient convenus. Un débat sur le vide, un film sur rien, des témoignages insignifiants de belles-mères en mal de maitrise, d’enfants adoptés, d’exaltés photogéniques. Seul le cliquètement des aiguilles du tricot et les ronronnements du chat venaient troubler cette quiétude, ce désert de la pensée.
Mais quelque chose clochait dans le rite paisible de ce vendredi ordinaire ; au lieu de venir s’affaler contre son coussin généreusement brodé d’une scène de chasse, une petite bière dans la main droite et la télécommande dans l’autre, Georges avait mis sur le tourne-disque un vieux Carlos Gardel et chantait à tue-tête dans la cuisine en faisant la vaisselle. Mauricette était inquiète, son Georges n’était pas ainsi d’ordinaire : non seulement il ne bougonnait pas mais on sentait les R rouler avec de plus en plus d’entrain, elle pouvait percevoir le glissement des charentaises de son époux revigoré sur le carrelage de la cuisine et puis soudainement, Georges fit son apparition dans le salon en terminant une majestueuse rotation du bassin, un bras en l’air et une main sur la taille, il était comme bouillant, tendu, exalté ; son regard était de braise et on aurait presque pu imaginer un peu de vapeur jaillir de son nez authentiquement poitevin.
Mauricette se sentait défaillir. Non seulement son Georges, percepteur des impôts à Meux-les-Noix, avait enfilé son peignoir du samedi soir alors que nous n’étions que vendredi mais il avait mis un peu de cet irrésistible parfum qui le transformait en viking brutal , en amant latin exigeant.
Mauricette ne pouvait cesser de cligner des yeux ; elle frôlait la transe, elle en avait d’ailleurs laissé choir son tricot sur le petit tapis avec les lapins verts, celui qui est devant la table basse du salon.
Ce week-end s’annonçait bien sous les auspices de la foudre ou je ne m’y connais pas.
Publié chez cousumouche
Je veux une KS1 Karlsson
C’est certainement pas pratique, pas assez grand, pas assez tout et trop pour le reste et inversement. Il n’y a vraisemblablement de la place pour personne d’autre sauf quelqu’un de très proche, pas assez de place pour les bouquins, ni pour cette commode pleine de trucs souvenirs à jeter, il n’y a certainement pas internet, ni le téléphone, ni de lave-vaisselle. Mais je veux une KS1 Karlsson et puis aller là ou elle voudra bien se poser, au bord de n’importe quel lac, de l’une de ces mers du nord, au bout de l’un de ces fjords ou alors à Arjeplog, tiens. (Via The tiny life)
Jouir par l’oreille
Il est un plaisir particulier, après avoir traversé la journée et sa masse d’interlocuteurs fâchés, extatiques, grommelants, hésitants, bruyants et j’en passe, c’est de fermer les yeux et de se laisser emporter au cœur des forêts. Chez les promeneurs écoutants, on part dans des petits voyages dans les bois, dans les prairies, il y a du grillon, des oiseaux étranges, de cerfs contents ou à deux doigts de l’être, de la glace qui disparaît, qui grince, il y a des volées, de la cloche et des ruminantes, de la pluie et des volatiles enthousiastes;
chez Marc et Olivier Namblard, on s’évade en passant par l’oreille.






